lunes, 24 de agosto de 2015

“Les fleurs du mal”, LES YEUX DE BERTHE, de Charles Baudelaire

CXXXV. LES YEUX DE BERTHE

Vous pouvez mépriser les yeux les plus célèbres,
Beaux yeux de mon enfant, par où filtre et s'enfuit
Je en sais quoi de bon, de doux comme la Nuit!
Beaux yeau, versez sur moi vos charmantes ténèbres!

Grands yeux de mon enfant, arcanes adorés,
Vous ressemblez beaucoup à ces grottes magiques
Où, derrière l'amas des ombres léthargiques,
Scintillent vaguement des trésors ignorés!

Mon enfant a des yeux obscurs, profonds et vastes,
Comme toi, Nuit immense, éclairés comme toi!
Leurs feux sont ces pensers d'Amour, mêles de Foi,
Qui pétillent au fond, voluptueux ou chastes.

Charles Baudelaire, Les fleurs du mal, 1837.


CXXXV. LOS OJOS DE BERTA

¡Podéis menospreciar los ojos más famosos,
Los ojos de mi niña, por donde filtra y fluye
un no sé qué de bueno, dulce como la Noche!
¡Sumidme, bellos ojos, en gozosas tinieblas!

¡De mi niña, ojos grandes, arcanos adorados,
Mucho os asemejáis a aquellas grutas mágicas
Donde, tras el acervo de las sombras letárgicas,
Titilan vagamente tesoros ignorados!

¡Mi niña tiene ojos negros, hondos y vastos,
Como tú, Noche inmensa, con idéntica luz!
Sus llamas son ideas de Amor, también de Fe,
Que chispean en lo hondo, voluptuosas o castas.

Charles Baudelaire
(versión de Pedro Casas Serra)

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